Patrimoine national, détourné par des incompétents
Il serait bénéfique qu'il y ait un audit à la Cinémathèque, qu'un spécialiste extérieur effectue une analyse approfondie sur l'évolution de l'institution subventionnée et son personnel.
Aujourd'hui, elle est gérée comme une pizzeria familiale. On prétend qu'il n'y a pas assez d'argent pour organiser des rétrospectives et échanger des copies avec d'autres cinémathèques, mais on emploie deux salariés pour vendre et scanner des tickets, à l'heure de la numérisation et de la disparition des guichets.
On prétend que ces préposés sont aussi présents pour renseigner les visiteurs, mais ils n'ont pourtant aucune qualification particulière. Au contraire, avec le temps (certains effectuent ce "job d'étudiant" depuis 25 ans), ils s'approprient le lieu et pourrissent l'ambiance. Des cinéphiles ont fui à cause de leurs médisances. De surcroît, ils laissent faire les fâcheux, mangeurs de pop-corn et autres pénibles... Avec qui ils bavardent longuement comme au café du commerce.
Une boîte à livres, destinée à distribuer aux cinéphiles les doubles de la bibliothèque, est détournée par le personnel d'accueil (notamment le petit frisé qui réserve, met de côté pour ses amis, les bouquins les plus intéressants.)
Alors que l'on attend depuis des lustres des œuvres essentielles de grands maîtres comme Mario Bava ou des Robert Bresson ou Jean-Luc Godard devenus invisibles à Bxl, les programmateurs (ni spécialistes, ni cinéphiles passionnés) sélectionnent leurs amis (Jean-Philippe Dauphin, Lucile Desamory, l'intégrale complète des Straub dans la grande salle vide, devant cinq spectateurs payants et éveillés etc.)
De plus, il est indigne pour une cinémathèque nationale de projeter des Blu-ray du commerce, plutôt qu'une copie adaptée aux salles de cinéma. Espérer que le spectateur ne le remarquera pas est un manque de respect pour lui (et pour le cinéaste.)
Et je précise qu'il ne s'agit pas de films rares, mais de classiques qui ont bénéficié ces dernières années de nouvelles sorties en salles, notamment en France. Est-ce trop compliqué de montrer une copie adaptée à un écran de cinéma ?
Les employés ne voient-ils pas la différence ? Sur quels critères ont-ils été sélectionnés ? Par qui ?
Le plus triste est de constater que la collection de milliers de films (de tous les genres, y compris les cinémas populaires), récoltés par Jacques Ledoux pendant des décennies, reste très majoritairement invisible. Cet héritage patrimonial n'est pas suffisamment mis en valeur. La Cinémathèque montre, en boucle, toujours la même partie émergée de l'iceberg.
On se demande vraiment comment cette institution nationale, à la dérive, dépense ses subventions annuelles de plusieurs millions d'euros.
Le personnel de la CINEMATEK est très très majoritairement flamand, ce qui peut sembler étonnant dans le cadre d'une institution culturelle fédérale située dans une ville très majoritairement francophone.
Pour tenter de se donner une légitimité qu'il n'a pas (il est ingénieur forestier, pas du tout archiviste), le conservateur se montre autoritaire envers les lanceurs d'alerte qui osent critiquer sa gestion de l'institution et des collections, pourtant patrimoine national.
Le conservateur n'a aucune éthique professionnelle. Notamment, il embauche sa fille, pourtant sans qualification particulière, avec l'argent des subventions publiques (trois millions d'euros annuels du fédéral, en 2016.)
Il est surprenant que les subventions publiques ne soient pas conditionnées à la bonne gouvernance.







